Sclessin:  04/224.40.49
Tilleur:  04/233.14.79
Article

Le confinement

Les mesures de confinement liées à la pandémie de COVID-19 sont de plus en plus difficiles à supporter pour une frange non négligeable de la population. Ce qui devait durer quelques semaines au printemps 2020 nous poursuit encore aujourd’hui. Une expérience inédite pour la plupart d’entre nous, qui avons toujours eu l’habitude d’aller et venir à notre guise, sans la moindre entrave à nos libertés. Comment dépasser ce mal-être individuel qui nous étreint pour continuer d’assurer la sécurité et la santé de tous ?

« C’est vrai, le contexte actuel fait que de nombreuses personnes ne se sentent pas bien », confirme Christelle Théâte, psychologue à la Maison médicale de Tilleur. « La pandémie est, en soi, un phénomène insécurisant. Le quotidien dans sa plus simple expression – aller faire ses courses, par exemple – peut faire peur – la peur d’être contaminé. Sachez d’emblée que cette peur est légitime dans l’incertitude actuelle. Oser en parler, oser dire que oui, c’est difficile, et pour beaucoup de monde, procure déjà un certain soulagement. Il faut pouvoir en discuter, et aussi pouvoir être entendu dans son ressenti. Chacun doit pouvoir s’exprimer à son niveau. Notamment dans les couples qui perçoivent les choses différemment, si l’un a peur et l’autre non, par exemple. »

Vous aviez pourtant bien résisté au premier confinement au printemps l’an dernier et ne comprenez pas pourquoi la situation actuelle vous épuise ? Là non plus, vous n’êtes pas seul(e), rassurez-vous. « La longueur du confinement joue un rôle important, déculpabilise d’emblée Mme Théâte. Le prolongement sans perspectives fait qu’on se demande quand on va en sortir, alors qu’en mars 2020, on se disait « ça va aller », « on profitera en été ». Certains d’entre nous y ont même vu du positif : la vie s’écoulait soudain au ralenti, comme en mode pause, offrant une espèce de ‘parenthèse enchantée’ au stress et à l’urgence de vivre que nous connaissions jusque-là. »

Entre-temps, le coronavirus n’a, lui, marqué aucune pause. Les difficultés sont revenues avec un effet boomerang, qui a amené pas mal de personnes à consulter. « Aujourd’hui, il y a une énorme lassitude. Et l’hiver n’arrange rien, notamment avec son manque de luminosité mais aussi le froid qui permet moins de se voir à l’extérieur, puisque se réunir à l’intérieur est plus risqué (et interdit hors bulle sociale, Ndlr). Du coup, on se demande tous si et quand ces petites choses qui nous font du bien vont pouvoir reprendre. Or, on n’a pas la réponse. »

***

Prendre du temps pour soi, conserver le lien social un tant soit peu,

est essentiel en cette période d’incertitude.

***

Cette absence de lien social est compliquée, voire cruelle pour bon nombre d’entre nous. On peut se sentir isolé, et il est extrêmement difficile de se projeter. Et davantage encore pour les personnes qui doivent aussi affronter des soucis financiers, une perte d’emploi… Comment continuer ? « Essayons d’abord de voir tout ce que nous pouvons essayer de mettre en place, conseille la psychologue de la Maison médicale. Comme des activités dehors par exemple, des balades pour maintenir du lien. Ou simplement passer un coup de fil pour prendre des nouvelles de quelqu’un – se sentir utile, s’investir dans l’entraide et la solidarité est extrêmement bénéfique, on l’a vu auprès des personnes qui ont cousu des masques lors de la première vague. Il est important de garder des repères, un rythme, de trouver des motivations même dans des choses simples du quotidien. Pour d’autres personnes, suivre une conférence ou des cours en ligne par exemple, même si le virtuel ne remplace pas le lien social direct, peut aussi avoir des effets positifs. »

Et quelle place pour l’information, dans tout ça ?

D’aucuns affirment qu’elle est anxiogène, qu’en pense la spécialiste ? « S’informer, oui, mais pas trop. La Covid-19 est omniprésente, regarder un journal ou les informations une fois par jour est suffisant, ensuite on coupe pour en sortir car, comme on l’a dit, le contexte peut être insécurisant pour certains », poursuit Christelle Théâte. « Il faut prendre du temps pour soi, prendre soin de soi. Pourquoi ne pas s’adonner à une passion pour laquelle on n’a jamais eu le temps ? Un cours de yoga en ligne, par exemple. Ou faire un album de photos. Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps encore, il y a une foule de choses qu’on n’aurait jamais imaginé faire, notamment en virtuel, et pourtant… »

Plus d’infos pour les rendez-vous psychologiques auprès de l’accueil de la Maison médicale, 

par e-mail à: accueil.tilleur@mmt-s.be, ou par téléphone au : 04 233 14 79

Previous ArticleNext Article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *